Abdoulaye Sow, Président de l’Union Nationale des Exploitants Forestiers du Sénégal (UNEFS)   « Les auteurs de cet article avaient l’intention de nous nuire… salissant la réputation d’honnêtes gens…»

Il a été lâchement attaqué par des hommes, qui ne font souvent que « porter presse au lieu de plainte » comme disait l’autre, pour ternir l’image d’autres hommes souvent mille fois plus méritants qu’eux. Malgré l’information que nous avons malheureusement relayée, Abdoulaye Sow s’est rapproché de Dakarctu. Dans un esprit de dépassement, le pardon en bandoulière, il a tenu quand même à travers un entretien accordé à notre reporter, à rétablir la vérité, levant au passage un coin du voile sur le secteur forestier.


M. Sow avant d’entrer dans le vif du sujet comme on dit, pouvez-vous revenir sur le contexte de vos rencontres avec les ministres Mbaye Ndiaye et Mor Ngom ?
Le ministre Mbaye Ndiaye, je l’ai rencontré par hasard à Tambacounda au mois d’aout dernier alors qu’il était en tournée politique et moi en tournée dans le cadre de mes activités. Je suis dans une organisation qui regroupe plus de 35.000 membres et c’est normal qu’il ait tenu à échanger avec nous, alors je ne vois pas pourquoi passer pour lui pour aller vers un autre ministre. Le problème est que le ministre qui l’avait précédé à cette station (Ali Aîdar) avait fermé la porte et ne voulait pas discuter avec les acteurs. Mais pour moi c’est du passé, l’actuel ministre de l’environnement Mor Ngom nous a démontré sa volonté de discuter avec tous les acteurs. Si donc un ministre exprime ce point de vue je ne vois pas pourquoi est-ce qu’on irait se faire parrainer ou soudoyer une autorité pour qu’un ministre me reçoive. Vous avez été attaqué dans la presse récemment, qu’est ce qui explique ce qui ressemble à un acharnement sur votre personne ? On voit juste à travers cette sortie que des gens tapis dans l’ombre essaient de nous traiter de tous les noms d’oiseaux, allant même nous accuser d’avoir détourné des fonds de l’Association. Mais pour cela aussi le droit a été dit et un non-lieu a été prononcé. En outre lors de nos renouvellements en 2011, on a été plébiscité avec un mandat qui court jusqu’en 2017, mais le problème était une divergence de point de vue avec les anciennes autorités. Je sais que les auteurs de cet article avaient l’intention de nous nuire, puisqu’ils avaient l’habitude de le faire. Mais il faut stopper cela quand même, puisque certaines choses ne doivent pas être laissées comme telles salissant la réputation d’honnêtes gens.
 L’actuel ministre a montré qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Il nous accordé une audience et a discuté avec notre conseil d’administration et toutes les régions étaient représentées. Ceux de l’autre camp ont paniqué, ils se sont dits pourquoi le ministre reçoit les acteurs de la foresterie. Alors que ce que Mor Ngom a fait, c’était la conduite la meilleure à tenir. Cette rupture que l’on attendait on ne l’a pas vue. Lors de cette audience, on a dit à Mor Ngom qu’il y a des urgences, le Sénégal est agressé au niveau de la foresterie, il y a des gens qui sont à la lisière de nos forêts. Nos frontières sont poreuses, entre le Sénégal et la Gambie cela fait 150 kilomètres de long où des gens coupent les arbres et traversent la frontière. Nous avons écho que le coupeur frauduleux, au nombre de 30 billes transportées il a droit à une moto « Jakarta », ensuite cela est mis hors des frontières pour être acheminés dans la ville de Guangzhou (Japon).
Quelles réponses a-t-on apporté à ces urgences ?
Le président Macky Sall avait fait une sortie pour demander aux autorités, aux forces de l’ordre de lutter contre ce fléau. Alors ce sont des urgences où il faut accélérer la cadence, sinon tous les plans d’aménagement pour sécuriser nos forêts n’auront aucun sens. L’autre point est qu’il y avait une politique d’aménagement  débutée en 2009, on doit l’évaluer la Banque avait financé le projet 1 à hauteur de six milliards FCFA, elle l’avait renouvelé à hauteur de 3milliardsFCFA,  il faut voir l’impact. Nous, ce que nous avons constaté est que les acteurs sont plus nombreux, les gardes, les Pcr même sont devenus exploitants forestiers alors qu’ils devaient être protecteurs de ces produits. Il faut que l’on s’arrête et que l’on règle cette urgence.
  Vous êtes à la tête de l’Union Nationale des Exploitants Forestiers du Sénégal ( UNEFS), quels jalons avez-vous posés ?
Pour nos réalisations, quand j’ai été élu je leur ai dit que l’on ne va plus couper des arbres seulement sans en replanter. On a créé une politique de reboisement où en cotisant on a planté près de 200.000 plans. En outre, on a créé un département qui ne s’occupe que de reboisements, dans notre union on a fait une sortie à Kaffrine, en collaboration avec l’ISRA et  on a donné 1.300.000 plans provenant de nos pépinières, dont le financement vient de nos produits (sacs de charbon) etc. Tout cela  vient de nos poches et nous voudrions avoir une aide des autorités qui permettraient plus d’efficacité dans cette politique de forestière. En termes de réalisations, on a aussi des pare-feux que l’on nettoie dans la région de Tambacounda, pour qu’en cas d’incendie les feux ne puissent traverser cette partie pour aller vers une autre. Et l’Etat dans tout cela ? Depuis 10 ans le Gouvernement n’a nettoyé pas ces pare-feux, nous nous sommes dits que nous allons mettre cela dans nos actions. Nous avons nettoyé 150 kilomètres de pare-feux dans le Sinthiou Maléme. On est allé aussi vers une politique d’aménagement d’une zone de parcelles. Divisées en 10 lots, on cultive parcelle par parcelle pour qu’entretemps quand l’on exploitera ces périmètres elles auront le temps de se développer. Quant l’Etat nous a dirigés vers ces politiques, il y a eu des zones où quand l’hivernage arrive on ne peut plus y accéder. C’est ce dont nous avons fait part au nouveau ministre qui pourra amener les mesures d’accompagnement, pour cette filière qui doit être organisée, et qui sera un plus pour tout le monde
Vendredi 22 Novembre 2013
Daddy Diop